© AFA+SANAEÀ Thiers, le centre hospitalier engage la reconstruction de son EHPAD dans une logique de regroupement, de modernisation et de proximité hospitalière. Le futur établissement prendra place en extension directe de l’EHPAD existant sur le site principal, marquant l’abandon de l’ancien site du Belvédère, jusqu’ici isolé. Ce repositionnement vise à rationaliser les flux, à mutualiser les fonctions logistiques et à renforcer le lien entre l’hébergement médico-social et l’hôpital, tout en préservant une implantation légèrement en retrait, en lisière boisée, garante d’un cadre apaisé. Le projet développe un établissement de 82 lits et 14 places organisé autour de deux ailes reliées par un noyau central, selon une configuration volontairement lisible et évolutive. Il accueille des unités d’hébergement classique, des unités de vie protégée Alzheimer, un PASA, ainsi que des espaces de soins, de rééducation et d’activités largement ouverts sur l’extérieur. L’architecture privilégie une échelle domestique, un rapport étroit au paysage et une continuité dedans-dehors affirmée, notamment à travers une large coursive périphérique abritée, pensée comme un véritable lieu de vie et de déambulation. Au-delà de la réponse fonctionnelle, ce nouvel EHPAD traduit une ambition plus large : proposer un cadre de vie chaleureux, ouvert et adaptable, capable d’accompagner l’évolution des profils de résidents tout en améliorant les conditions de travail des équipes. Porté par une démarche environnementale exigeante et une conception attentive aux usages quotidiens, le projet s’inscrit dans une vision renouvelée de l’EHPAD, envisagé comme un lieu habité, ancré dans son territoire et tourné vers l’avenir.
Interview croisée de Patrice Mureau, Responsable ETOT (Équipe Territoriale Opérationnelle de Travaux) au CHU GHT de Clermont-Ferrand et Maud Grandperret, Co-gérante Architecte DPLG Associé AFA+SANAE architecture
Pouvez-vous présenter le contexte dans lequel s’inscrit ce projet de nouvel EHPAD à Thiers ?
Patrice Mureau : Ce nouvel EHPAD vise à reconstruire l’EHPAD du Belvédère qui était situé à l’écart du Centre Hospitalier de Thiers. Le projet consiste à le réimplanter en extension de l’EHPAD actuel, déjà présent sur le site principal. Il s’agit donc d’un regroupement des activités d’EHPAD sur le site hospitalier, même si le nouvel ensemble reste légèrement à l’écart de la partie hospitalière à proprement parler. Un bois et un parking créent une séparation naturelle entre les deux entités, mais elles appartiennent bien au même périmètre fonctionnel.
Quels besoins ont motivé le rapprochement de l’EHPAD sur le site du centre hospitalier ?
P.M. : L’objectif principal était de limiter les flux et de favoriser une mutualisation des moyens. Le fait que de nombreuses liaisons logistiques, notamment les cuisines, existent entre l’EHPAD et l’hôpital rend ce rapprochement particulièrement pertinent. Ce regroupement facilite l’organisation logistique globale de l’établissement hospitalier. Il y avait aussi la volonté de rapprocher physiquement les résidents de l’EHPAD de l’hôpital, afin de garantir une véritable proximité hospitalière. Ce point a d’ailleurs été salué par le conseil départemental qui soutient le projet précisément parce qu’il s’agit d’un établissement directement adossé à une structure hospitalière.
Comment décririez-vous le parti pris architectural du projet et l’image souhaitée pour cet EHPAD ?
Maud Grandperret : Nous avons d’abord découvert un terrain qui semblait confortable au premier abord mais en réalité plutôt contraint. Le programme exigeait un bâtiment limité à deux niveaux (un rez-de-chaussée et un étage) ce qui représentait un point de départ structurant. Nous avons donc conçu un bâtiment assez linéaire, qui suit la géométrie de la parcelle. L’image forte du projet repose sur le lien « dedans-dehors » : nous avons vraiment souhaité, en écho au programme, concevoir un EHPAD ouvert sur l’extérieur. Ce projet a guidé toute l’identité visuelle du bâtiment. Nous avons cherché à sculpter cette linéarité, à lui donner une forme plus organique et animée pour rompre la monotonie des façades, car le bâtiment est très long. Il a fallu jouer avec les pleins et les vides, pour créer du rythme et affirmer une identité propre, sans reproduire un langage architectural déjà existant. Des vues et des connexions avec l’écrin de verdure situé au Sud ont été valorisées par une insertion harmonieuse avec le végétal existant.
P.M. : Ce choix architectural est également en cohérence avec le bâtiment Aquarelle existant, situé à côté, qui est lui aussi en R+1. Dès la programmation, les soignants ont exprimé le souhait d’un bâtiment de faible hauteur, qui ne domine pas le site et rappelle une échelle domestique. Ils voulaient quelque chose qui évoque davantage la maison que l’institution.