© GEBERITLongtemps invisibles, les réseaux d’eau des établissements de santé se retrouvent aujourd’hui au cœur d’un double impératif : réduire les consommations d’eau dans un contexte de tension hydrique croissante, tout en garantissant un niveau d’hygiène irréprochable. Pour les hôpitaux, où la stabilité microbiologique de l’eau conditionne directement la sécurité des patients et des professionnels, la question devient stratégique. Comment atteindre les objectifs nationaux de sobriété hydrique fixés par l’évolution règlementaire sans fragiliser la prévention du risque infectieux ? Quels leviers peuvent concilier économie d’eau, performance sanitaire et exploitation durable ? Dans ce paysage complexe, Geberit, leader européen des technologies sanitaires, occupe une place singulière. L’industriel développe depuis plusieurs décennies des solutions dédiées aux établissements de santé : réseaux d’eau optimisés, matériaux résistants à la prolifération bactérienne, systèmes de chasse hygiéniques, outils de prévention de la stagnation, supervision numérique… L’entreprise s’appuie sur une expertise solide en ingénierie sanitaire et propose une approche systémique, à la croisée de l’hydraulique, de la sécurité microbiologique et de la performance énergétique.
Propos recueillis auprès du Dr Parneix, médecin de santé publique et de prévention du risque infectieux (CPIAS – Centre de Prévention des Infections Associées aux Soins), et Gaëtan Lafay, responsable Prescription et Marchés Clés chez Geberit.
La notion de sobriété hydrique s’impose désormais comme une priorité nationale. Quels en sont, selon vous, les principaux enjeux pour le secteur hospitalier ?
Dr Pierre Parneix : Nous faisons face à un véritable problème de ressources, la réponse doit donc être cohérente. Nous ne pouvons pas réduire la consommation sans réflexion sur les conséquences possibles, surtout en milieu hospitalier où il y a un risque pour les patients et pour les équipes. La transition écologique est indispensable, mais elle doit être pensée et intégrée dans une gestion optimisée. À terme, il faut progresser tout en sachant anticiper et maîtriser les nouveaux risques, sans aggraver les problèmes existants. Par exemple : lors d’une toilette au lit, il suffit d’utiliser des bassines plus petites pour réduire la consommation. En revanche, couper temporairement l’eau ou ne plus la chauffer n’a pas de sens dans un hôpital. L’enjeu est d’avoir une réflexion intelligente et structurée afin d’être capables d’être plus économes tout en restant performants et sûrs.
Gaëtan Lafay : La sobriété hydrique est un enjeu majeur, devenue une question politique. Il existe de nombreuses solutions concrètes pour réduire la consommation d’eau et d’énergie en gardant à l’esprit que l’eau est un très important vecteur du risque infectieux, longtemps sous-estimé dans les établissements de santé. L’état actuel de certains réseaux d’eau en est la preuve et des mesures trop restrictives peuvent aggraver la situation en favorisant la stagnation et le développement bactérien. La sobriété hydrique doit s’inscrire dans une approche globale et concertée, adaptée aux besoins spécifiques de chaque service en impliquant le personnel hospitalier et les industriels engagés. C’est à ce niveau que se joue l’efficacité et la sécurité des mesures à venir pour assurer la continuité du service.
Dans un établissement de santé, comment aborder concrètement la réduction des consommations d’eau sans compromettre la sécurité sanitaire des réseaux ?
P.P. : Le chantier est immense, car les hôpitaux comptent de nombreux points consommateurs d’eau : blanchisseries, services techniques, soins, cuisines… Il faut avancer progressivement, en travaillant chaque maillon de la chaîne tout en gardant une vision d’ensemble. Les réseaux actuels, souvent âgés de plus de vingt ans, montrent leurs limites malgré les progrès réalisés depuis les années 2000. Il est temps d’intégrer la sobriété hydrique dès la conception, comme un objectif central et non comme une réduction d’usage ponctuelle. L’enjeu n’est pas seulement de consommer moins, mais de concevoir des systèmes intrinsèquement économes, sûrs et intelligents. Aujourd’hui, nous agissons souvent par contournement (purges, interventions répétées) sans véritable efficacité. Il faut désormais repenser la conception pour anticiper les risques infectieux, économiser l’eau et garantir la performance environnementale. Passer d’une logique de réaction à une logique de prévention est la clé d’une gestion durable et sûre de l’eau à l’hôpital.